Découvrez le portrait de Françoise Lescop, bénévole engagée depuis plus de 10 ans

Publié le 09/10/2017
Portraits, Accompagnement d'Enfants Malades
Découvrez le portrait de Françoise Lescop, bénévole engagée depuis plus de 10 ans

Ce mois-ci, nous vous présentons Françoise Lescop, elle nous fait part de son engagement avec une humilité qui force l’admiration.

 

Le sentiment d’appartenir à la grande famille de l’aéronautique ne m’a jamais quitté. Les voyages non plus par conséquent. Mon père était dans l’aviation militaire et il était installé avec ma mère à Saigon (NDLR aujourd’hui Hô Chi Minh Ville) au Vietnam lorsque je suis née. J’ai ensuite grandi à Alger, puis à Brazzaville. A 12 ans, j’avais été fascinée par une hôtesse de l’air que j’avais rencontrée sur un vol à destination du Congo justement. Cette idée est toujours restée. Alors, lorsque j’ai pris mon envol, si je puis dire, pour entrer dans la vie active, j’ai intégré UTA en tant que navigante. J’y ai rencontré mon mari qui était mécanicien navigant et à mon tour, j’ai élevé mes enfants entre la France et les villes étrangères où nous avons vécu, Sydney que j’ai adorée, Papeete et Nouméa.

À la mort de mon époux, j’ai contacté l’association des hôtesses et convoyeuses de l’air qui m’ont aiguillée vers Aviation Sans Frontières. Je m’y suis tout de suite engagée. C’était en 2004. Gisèle Mages m’a reçue et j’ai débuté les Accompagnements d’Enfants Malades. Je me souviens très bien du premier. J’avais raccompagnée à Douala une très jeune fille de 14 ans et un petit garçon de 4 ans, tous deux guéris. La petite fille était très heureuse mais lui pleurait sans cesse. Il ne voulait pas rentrer. À l’arrivée à l’aéroport il n’a pas reconnu sa maman. C’est au moment où il a vu son frère que son sourire a finalement éclaté !

Le plus marquant a été l’accompagnement de Bujumbura au Burundi jusqu’en France, d’une petite fille très gravement malade. Elle était d’une maigreur ascétique et j’étais très inquiète. Le commandant de bord ne voulait pas la faire embarquer sans que je signe une décharge. Bien sûr, à ce moment-là, on ne se pose aucune question. J’ai tout de suite signé. Je devais l’amener. Nous sommes passées par Nairobi et Francfort avant de rejoindre Paris. Durant chaque vol et chaque escale j’ai eu peur de la voir partir. Et puis, à notre arrivée, elle a immédiatement été prise en charge et opérée. La famille d’accueil a pu dans les jours suivants, nous rassurer. L’opération s’était très bien passée et la petite sauvée.

Françoise avec Melad et sa famille

 

Et puis il y a eu tous les autres enfants. J’ai effectué exactement 100 accompagnements. Le dernier était en 2015, c’était le jour de mon anniversaire. Le petit s’appelait Mélad et je le ramenais à Beyrouth.

Le plus extraordinaire, ce sont les parents. Ils nous confient leurs enfants avec un sentiment mêlé de fatalisme et de dignité. La confiance qu’ils nous accordent est prodigieuse. On le ressent tout de suite. Ensuite, pour chacun de ces petits, on devient leur grand-mère, le temps du voyage. Les calmer, les rendre confortable, les rassurer du mieux que l’on peut. C’est notre rôle.

Sans jamais quitter mon engagement auprès de la mission des Accompagnements d’Enfants Malades, j’avais également assuré une permanence à l’accueil jusqu’en 2007 puis j’ai rejoint l’équipe de la Messagerie Médicale. Là je gère les plannings des mises à bord. 

Aujourd’hui, je partage mon temps de présence entre la Messagerie Médicale et les Accompagnements d’Enfants Malades, où je m’occupe de la programmation des missions.

Je n’ai jamais eu de moment de doute à Aviation Sans Frontières, aucun. J’aime ce que je fais et crois faire le bien.

Lorsque l’on pose la question à mes petits-enfants « Mais que fait ta grand-mère », ils répondent « elle sauve le monde » (rires). Mais ce sont des mots d’enfants souligne Françoise, au cas où nous aurions pu croire qu’elle le pensait vraiment…

 

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