Notre marraine Anggun témoigne sur sa mission à Madagascar

Publié le 07/07/2017
Evénements, Messagerie Médicale
Notre marraine Anggun témoigne sur sa mission à Madagascar

1h30 du matin : Aéroport d’Antananarivo.

"C’est la deuxième fois que je viens en mission pour Aviation Sans Frontières à Madagascar. Avec Florence, une bénévole de l’association que j’aime beaucoup, j’avais accompagné un petit enfant gravement malade. Un voyage à jamais gravé dans mon cœur.

Cette fois c’est pour le lait que nous sommes venus rencontrer les enfants. Madagascar est un des pays les plus pauvres du monde et des milliers d’enfants souffrent de malnutrition. Ici, le lait est un véritable trésor. Nous allons le distribuer dans de nouvelles associations soutenues par notre partenaire, la Fondation Air France. Cécile Vic, sa Directrice générale nous accompagne.

Claude, le responsable de la Messagerie Médicale et Léontine, représentante d’Aviation Sans Frontières à Madagascar ont préparé cette mission pendant des mois.

Nous arrivons dans une cour fermée par de hauts murs. Un ballet d’hommes, sacs de lait sur l’épaule, se relaient pour décharger cet  immense conteneur. Je grimpe à l’intérieur. C’est impressionnant, je ne vois pas le fond ! À côté des sacs de lait, pèle mêle sont entreposés des équipements de survie destinés aux 400 000 sinistrés des zones ravagées par le cyclone tropical Enawo qui a frappé le Nord-Est de l’île en mars dernier. Des tables d’opération, des sièges de dentiste, des équipements radio, des échographes, mais aussi des vélos, des pneus des livres scolaires, des fauteuils roulants … Claude a profité de ce voyage pour remplir le conteneur de matériel. Toutes les associations sont là pour aider à décharger.

 

Il est temps maintenant de rejoindre le Centre Saint Vincent, situé dans un quartier très pauvre de la capitale.

Nous traversons péniblement la ville, la circulation est dense. Dans les ruelles, des dizaines d’enfants occupent les trottoirs…Ceux-là ne vont pas à l’école.

Le centre est adossé à une colline au fond d’une impasse. Nous sommes chaleureusement accueillis par l’équipe. Visite de l’orphelinat, de la crèche. Nous chantons avec les petits puis descendons dans la cour de  l’école. C’est l’heure du repas… 500 enfants du quartier attendent sagement leur tour en regardant les deux grandes bassines de lait fumantes « Ils viennent au Centre car c’est leur seul repas de la journée me dit Sœur Véronique, hélas nous leur donnons tous les jours la même chose, je ne peux pas faire plus ! Aujourd’hui avec le lait, c’est jour de fête » Je suis émue aux larmes : depuis plus de 40 ans, inlassablement, cette femme se bat contre la misère pour sauver les enfants et garde pourtant au fond des yeux un indestructible espoir.

 

Rentrée à notre maison d’hôtes, le visage de ces enfants démunis, les yeux brillants de faim qui serrent leurs tasses de lait dans leurs mains, ne me quitte plus…

Vendredi matin, je suis réveillée à 6h par la rumeur de la ville qui monte doucement et par les cris des enfants qui rentrent déjà à l’école. Nous prenons tous ensemble un petit déjeuner sur la terrasse de notre maison. La ville s’étale à perte de vue sur les collines.

 

Départ pour l’association Aïna.

Nous arrivons dans la campagne, à quelques kilomètres du centre. Rizières et champs bordent les petits bâtiments très propres. Là encore, quel formidable travail. L’association œuvre en lien avec les juges et les services sociaux.

 

 

Elle accueille les enfants en danger et forment leurs mamans. Une trentaine de jeunes femmes sont assises dans une salle de classe. Pendant ce temps, distribution de lait pour les petits, les enfants chantent joyeusement avec les éducatrices. Ils ont beaucoup de chance d’avoir été recueillis dans cette association avec leurs mères. Ils sont peu nombreux, bien suivis jusqu’à la fin de leurs études…  Quelle différence avec les enfants des rues si pauvres que nous avons vu hier… Aina leur construit un avenir, les forme et donne un travail à leurs mères en sortant du centre.

 

 

Dernière association soutenue par la Fondation Air France : Akamasotra.

Cécile me parle de son  fondateur, le Père Pedro. J’étais loin d’imaginer l’œuvre extraordinaire que cet homme a bâti depuis 47 ans. Sur trois collines qui dominent la ville, s’étalent 18 villages avec près de 3000 petites maisons aux volets colorées.

23 000 personnes y vivent et travaillent. Le Père nous accueille avec une grande simplicité. Il nous parle sans détour de la pauvreté, du dénuement extrême des populations. Son combat quotidien est de « sortir ces êtres vivants de l’enfer », de sauver chaque jour des enfants de la rue, de redonner humanité et dignité à ces êtres abandonnés de tous.

Il a  fondé un modèle de société solidaire basée sur le travail et l’entraide et a sauvé plus de 500 000 Malgaches !

 

Des centaines de jeunes enfants nous attendent devant l’école pour la distribution du lait, le Père est heureux de les voir s’agiter  autour de moi, leur tasse à la main… c’est un tel cadeau pour eux !

Pour mon départ, il va me faire la plus belle des surprises : plus de 2000 lycéens m’attendent dans le stade (sa grande fierté). Avec lui, tous vont chanter pour moi, pour nous,  pour nous remercier de notre présence, de notre soutien… c’était extraordinaire ! "

Anggun

 

 

 

photos : © Christian KRETSCHMAR

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