Portrait : Daniel Loubery, responsable du Fret Humanitaire

Publié le 03/03/2017
Fret Humanitaire, Portraits
Portrait : Daniel Loubery, responsable du Fret Humanitaire

Retraité d’Air France où il fut notamment responsable fret, Daniel LOUBERY œuvre bénévolement depuis dix-huit ans aux côtés d’Aviation Sans Frontières. Son expertise l’a tout naturellement conduit à mettre en place la Mission Fret humanitaire. Rencontre.

 

« J’ai intégré Air France en février 1969 après avoir réussi le concours d’entrée d’agent des services commerciaux (renommé depuis agent d’escale). J’ai débuté ma carrière au Bourget, quelques années avant que l’aéroport ne se consacre uniquement à l’aviation d’affaires. C’était l’époque où l’apprentissage du métier se faisait intégralement sur le terrain. Je travaillais notamment pour des compagnies aériennes originaires des pays de l’Est comme Malev (aujourd’hui disparue, NDLR) et Aeroflot. Un poste très polyvalent que j’ai occupé pendant quelques années avant d’évoluer au sein de la compagnie. Du Bourget, je suis parti à Orly, avant de rejoindre Roissy dès l’ouverture de la plateforme. J’ai occupé, au total, treize postes différents.

Quand je suis devenu responsable fret, je suis parti en expatriation pendant quatre ans à l’escale de Tananarive. Une très riche expérience au cours de laquelle j’ai noué une relation très forte avec Madagascar. Notamment des liens amicaux. J’avais profité de ma présence sur place pour monter une équipe de volley avec qui nous avons d’ailleurs fait du bon boulot. J’ai eu le plaisir de revoir certains d’entre eux en région parisienne où ils sont venus travailler. J’aime les relations humaines toujours très enrichissantes que permettent les voyages.

En préretraite, j’ai tenu à rester actif et à me rendre utile. Différents voyages, et plus particulièrement cette immersion à Madagascar, m’avaient sensibilisé au sort des plus démunis. Suite à un échange avec une ancienne collègue d’Air France qui m’avait informé sur les missions d’Aviation Sans Frontières, j’ai décidé de rejoindre l’ONG en tant que bénévole. C’était en 1999. Au départ, j’effectuais surtout des accompagnements d’enfants malades. Essentiellement à destination de la Moldavie, mais aussi en Afrique, notamment à Madagascar.

Affecté à la Messagerie Médicale, qui était à l’époque dirigée par Jean Clozier et Henri Desenfants, j’ai notamment participé à des missions lait. Puis j’ai travaillé à la mise en place de ce qui est aujourd’hui une Mission à part entière, le Fret Humanitaire. Jusqu’à cette époque, seuls des colis de petites tailles et inférieurs à 10 kilos étaient envoyés au bénéfice de populations en détresse. Avec André Fournerat et Henri Desenfants, nous avons rencontré les responsables d’Air France Cargo. Ces échanges ont permis de mettre en place un protocole pour acheminer, à des tarifs très avantageux, des colis de grandes dimensions. Aujourd’hui, sur cette Mission, nous sommes engagés aux côtés d’environ 400 associations à vocation humanitaire.

Parallèlement à cette activité, je continue d’effectuer de temps en temps des accompagnements d’enfants malades, uniquement entre Paris et l’Algérie que je connais bien pour y avoir vécu. Je suis avec beaucoup d’attention la situation dans ce pays auquel je suis attaché. Soucieux de comprendre les grands bouleversements du monde, je lis beaucoup. Essentiellement des essais. Je suis et reste un littéraire. »

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