Une semaine ordinaire à Mbandaka

Kinshasa -Mbandaka du 3 au 11 octobre 2011


"Le Cessna Caravan sort de la visite périodique réalisée dans le hangar ASF de Kinshasa ; point fixe, vol d’essai, l’équipe ASF, France Aviation en a fait une « horloge »…  Décollage et  … 2h30 plus tard Mbandaka. La relève pilote : Julien,  Medhi et moi-même, retrouve l’équipe locale d’ASF, Tchi Tchi, le responsable ; Fabien le chauffeur puis Joséphine et Mimi qui tiennent la maison. Accueil chaleureux  mon dernier passage remonte à Janvier.

 
 
Le planning est établi pour les jours qui viennent avec une première mission qui « décoiffe » : cinq étapes Mbandaka, Basankusu, Bumba , Kisangani, Lisala, Mbandaka, en dehors des deux capitales provinciales, que des pistes en latérite et, pas moins de sept heures de vol pour réaliser le périple.

 
Les SMS crépitent pour rassurer sur une météo annoncée menaçante. C’est la fin de la saison des pluies et de nombreux orages persistent ; ils seront soigneusement évités et nos passagers seront à peine secoués. Les jours s’enchainent  comme les étapes car nos partenaires s’empressent de réaliser leurs taches avant une longue absence  du Caravan : trois semaines qui permettront d’effectuer une grande visite avec changement moteur et hélice à Toussus le Noble.

Ainsi va le quotidien à Mbandaka, ponctué par quelques majestueux couchers de soleil sur le fleuve. On ne se lasse jamais de ce spectacle magique, d’autant que s’y ajoute le va et vient incessant des pirogues. Lors du retour à l’hôtel  en taxi local : une robuste bicyclette équipée d’un porte bagage recouvert d’un petit coussin fait main, la nuit est noire car la compagnie d’électricité a abandonné la partie depuis déjà plusieurs mois. Nous vivons donc avec le soleil, chaque matin debout cinq heures pour d’autres terrains de brousse et d’autres passagers ravis d’échapper à quelques journées de pirogues.
 

Samedi 8 oct. Les pilotes jouent  "Relâche" à Mbandaka

 
Un « No Fly Day », ne signifie pas qu’il faille succomber à l’oppressante torpeur d’une chaleur accablante doublée d’une humidité relative frôlant la centième graduation de l’hygromètre.
 
Non le devoir invite à entretenir la forme physique, pour l’occasion avec une bonne marche dans les avenues et ruelles boueuses de Mbandaka. Sans craindre d’emprunter le milieu des voies, car ici les véhicules automobiles n’existent  pas,  on peut se perdre dans le labyrinthe des quartiers populaires. Parmi les  maisonnettes délabrées, c’est au grand jour la vie quotidienne qui s’expose, ablutions, tressages des nattes, cuisine, menus travaux réalisés au hasard de boutiques improbables. Alors qu’il faut enjamber détritus et cochons errants, qui occupent la rue, gagne l’impression de remonter le temps, jusqu’à rejoindre notre lointain Moyen Age.

Les enfants innombrables, pieds dans la fange, jouent comme tous les enfants du monde, mais leurs jouets, de bois et de fils de fer dénoncent une inimaginable pauvreté. Lassés de ce parcours un peu voyeur, égarés, c’est en demandant la direction du fleuve que l’on retrouvera une avenue moins oppressante, là,  l’espace se dégage, les échoppes remplacent  les courettes familiales. Tout d’un coup on respire en dépit d’une foule dense de piétons qui  occupent les deux tiers de la voie ; laissant une étroite bande de latérite aux vélos taxis. L’absence de moteur à explosion offre au promeneur calme et odeurs. Un autre monde propice à exalter l’imagination en croyant à une Afrique, qui en ce lieu, aurait déjà inventé l’avenir : créant cet univers sans pollution rêvé par tous nos  écologistes. 
 
Ruisselant de sueur, cela fait plus de deux heures que nous marchons, il est temps de réintégrer le ASF Home…. et malheureusement revenir aux réalités, car  nous n’avons pas rencontré la modernité, seulement un répit ; la horde des importateurs de motocyclettes chinoises qui ont déjà contribué à l’asphyxie de nombreuses villes Africaines est en route…"