Entretien avec Martine Mabilat, Déléguée Régionale Sud-Est

Publié le 31/05/2016
Délégation Sud-Est, Portraits
Entretien avec Martine Mabilat, Déléguée Régionale Sud-Est

« J’ai débuté dans l’aérien à UTA en 1971 où j’ai travaillé en tant que navigante avant de devenir hôtesse d’accueil puis des ventes à l’aéroport de Marseille-Provence. J’ai ensuite intégré la direction commerciale dans le centre-ville de Marseille où l’on m’a confié la mission d’attachée commerciale. Transférée à Air France en 1990 et maintenue dans mes fonctions, je me suis donc consacrée à la fidélisation clientèle au niveau des entreprises.

 

Une fois la retraite venue, en 2009, je me suis spontanément tournée vers l'associatif, que je pratiquais depuis 30 ans, mais sous une forme différente de celle-ci. Aviation Sans Frontières était implantée dans la région aixoise depuis 2000 et j'y ai trouvé, tout naturellement, une sorte de continuité avec mon milieu professionnel. Surtout, cet engagement à part entière est devenu une vocation. J’ai très vite intégré le bureau de l’association et je suis devenue Déléguée Régionale de la région sud-est en septembre 2013 qui comprend aujourd’hui une quarantaine d’adhérents.

 

Martine Mabilat présente notre ONG lors d'une rencontre

 

Mon engagement est de me tourner vers ceux que le destin a durement frappé. L'humanitaire est une profession de foi, une manière d’oublier que nous sommes en perpétuelle représentation dans notre vie quotidienne. L’humanitaire est un don de soi qui permet d’exprimer notre authenticité. Nous y oublions nos maux, nos états d'âme, nos malaises pour apporter aux plus démunis, lumière et espérance.

 

Au travers de cet engagement, j'ai souhaité me tourner vers ceux dont le regard s’est égaré dans l'obscurité. Lors des quelques accompagnements d’enfants que j’ai fait, je me rappelle avoir vécu des moments d’émotion très très forts avec les parents et les enfants. Pouvoir ramener chez lui un enfant guéri est une grande satisfaction. Et puis il y a Les Ailes du Sourire, ces moments qui permettent à des enfants handicapés de les faire rêver et donc d’oublier quelques instants leur handicap. Je suis là pour leur donner des émotions teintées de bonheur et les réunir dans un même élan de joie. Pas de remerciement, pas d'accolade mais un regard, un sourire, une étincelle qui renvoie au bonheur vécu. C'est le plus beau cadeau. Et puis il y a bien sûr le partage. Vivre l'humanitaire, c'est se mettre à la place de l'autre, c'est au-delà de la compassion, c'est du ressort de l'empathie. S'effacer pour donner une place à celui dont le regard vous dit « j'existe malgré nos différences ». L'amour de l'autre n'a pas de frontières, tout se dissipe dans le temps. L'intemporel nous rapproche en faisant de nous des personnes identiques. Il n’y a alors plus qu’une seule intelligence, celle du cœur. »

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