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Gisèle, 85 ans, fêtera cette année ses 24 années de bénévolat auprès d'Aviation Sans Frontières.

Publié le 29/03/2016
Accompagnement d'Enfants Malades, Portraits
Gisèle, 85 ans, fêtera cette année ses 24 années de bénévolat auprès d'Aviation Sans Frontières.

Rencontre avec une bénévole emblématique de l’association, ancienne responsable de la mission Accompagnements d’Enfants Malades, qui a consacré beaucoup de temps et d'énergie pour aider les plus démunis.

 

"J'ai travaillé chez Air France pendant 35 ans, jusqu'en juin 1992. En septembre, j'effectuais mon premier convoyage pour Aviation Sans Frontières. J'étais ravie de pouvoir enfin me consacrer à ce que j'avais voulu faire toute ma vie maintenant que j’étais une jeune retraitée. J'ai été accueillie par des bénévoles et je me suis immédiatement engagée. A l’époque, les convoyages étaient moins nombreux et nous accompagnions des enfants adoptés, ce que nous ne faisons plus aujourd’hui. C'était très émouvant, car des petits Indiens, Africains, quittaient les orphelinats dans lesquels ils avaient grandi pour une vie meilleure. La vie prenait sa revanche.

Nous avons été contactés par Madame Leca, chirurgienne cardiaque, qui avait dans son service un jeune moldave qui lui a expliqué que les enfants mourraient très jeunes faute d’opération. Ces petits étaient appelés les "enfants bleus" en raison de leur teint dû au manque d’oxygène dans leur sang. Elle a donc fait venir un enfant en France pour l'opérer et nous a demandé si nous pouvions l'accompagner. Des convoyages ont ainsi été effectués de plus en plus régulièrement entre la France et la Moldavie.

Nous sommes ensuite allés chercher des jeunes filles en Afghanistan. Il fallait faire attention : ne pas prendre de photos, porter des foulards, mais nous étions relativement bien reçus.

Quand vous allez en Asie, vous êtes face à des enfants réservés et sérieux. En Afrique, c'est parfois des pleurs, mais aussi des fous rires, ils sont souvent très drôles. J'ai le souvenir d'un petit Africain qui allait subir une grave intervention de l'intestin. Je lui ai chanté "Frère Jacques" dans l'avion. Au son du "Ding Dong", qui termine la chanson, il s'est mis à rire aux éclats alors qu'il était en mauvaise forme et qu'il souffrait.

J'ai eu la chance, à Cotonou, de voir des enfants jouer dans la rue, dont un que j'avais accompagné 6 ou 7 ans avant. Il était en forme, il courait, et il m'a reconnue. Ça m'a beaucoup touchée !

Une personne qui m'a marquée ? Edmond KAISER. Il a créé Terre des Hommes puis Sentinelles, une association qui vient en aide aux enfants atteints du Noma (gangrène du visage). Il était furieux que des enfants, à notre époque, soient encore touchés par cette maladie et qu'ils soient cachés car considérés comme des "porte-malheurs". Aviation Sans Frontières allait chercher des enfants atteints de Noma afin que les chirurgiens suisses leur reconstruisent un visage. Cet homme est parti mourir en Inde entouré d'orphelines, abandonnées parce qu'elles étaient des filles.

J'ai effectué mon dernier convoyage à 82 ans, cela devenait physiquement difficile. Je me consacre désormais à la préparation de ces convoyages, à l'administration, à la logistique. Je suis ainsi au bureau d'Orly un jour par semaine. Je suis très heureuse d'avoir eu une retraite active à ce point-là ! J'ai eu de la chance. J'ai effectué 77 convoyages, mais ce n'est pas beaucoup, j’aurais aimé faire tellement plus."

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