Portrait de Didjatou Oumarou, adjointe qualité et responsable EFB

Publié le 14/12/2018
Missions Avions, Portraits
Portrait de Didjatou Oumarou, adjointe qualité et responsable EFB

Comment as-tu connu Aviation Sans Frontières ?

Partie de mon Cameroun natal en 2015 pour m'installer en France avec mon époux Yaya, mes 3 enfants Hania, Yasmine et Habib, j’intègre l’ENAC en octobre de la même année en Mastère Spécialisé Management du Transport Aérien.

Mon diplôme en poche, je sais qu’avec mon statut de « Conjoint Suiveur », je ne peux pas obtenir un emploi en accord avec les lois françaises en vigueur, d’où ma motivation à chercher une structure dans laquelle que je pouvais mettre mes compétences à profit de manière bénévole.

C’est ainsi que via le réseau d’ENAC Alumni, j’ai connu l’existence d’Aviation Sans Frontières. J’ai pris le temps de me documenter et  de comprendre les missions de l’association.

En avril 2017, j’entre en contact avec Jean-Claude Cuisine-Etienne, le Chef Pilote d’Aviation Sans Frontières qui me dit tout de suite « oui, nous sommes intéressés par votre profil, envoyez nous votre candidature ».

À cette période, le Responsable Qualité, Patrick Campanotto, étant indisponible et l’audit d’Aviation Safety Unit (ASU), unité en charge de la supervision de la sécurité des opérations aériennes des contractants auprès du Programme Alimentaire Mondial étant imminente, j’arrive donc à point nommé.

Le 9 mai 2017, commence une belle histoire entre Aviation Sans Frontières et moi.

 

Avant d’être bénévole chez nous, quel a été ton parcours ?

Ma Maîtrise en Sciences de Gestion obtenue en 2005, je suis admise à m’inscrire à l’Ecole Doctorale de l’Université de Yaoundé II en 2006.

En 2007, je suis recrutée à la Cameroon Civil Aviation Authority comme Cadre en charge de la gestion et de la certification du personnel aéronautique au sens de l’Annexe 1 à la Convention de Chicago créant l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI).

En 2009, dans le cadre du renforcement des capacités du personnel en charge la supervision de la sécurité aérienne, je suis formée par la Federal Aviation Administration (FAA) à Oklahoma comme « Governement Safety Inspector – Personnel Licensing ».

A l’issue de cette formation, je me suis vue confier le projet de la mise en place du système d’examen des personnels aéronautiques à la Cameroon Civil Aviation Authority. Le tout premier examen théorique et pratique des PNC fut organisé à la fin de cette année.

Nommée Chef de Service du Personnel Aéronautique et désignée Inspecteur Stagiaire de la Sécurité Aérienne, en plus de la gestion administrative du service, ma mission consistait pour l’essentiel en la préparation et la conduite des missions d’audit et d‘inspection des départements de formation des compagnies aériennes et des centres de formation au Cameroun et à l’étranger notamment au Ghana, au Mali, en France et aux Etats-Unis.

Cette expérience m’a d’ailleurs permis de mener une étude sur l’impact du programme OACI « TRAINAIR PLUS » sur le renforcement des capacités du personnel aéronautique des Etats membres au siège de l’organisation sis à Montréal au Canada.

Ma confirmation comme Inspecteur de la sécurité aérienne, m’a donné l’occasion de participer aux travaux des comités d’Experts PEL dans la sous-région Afrique Centrale et des commissions d’enquête accidents et incidents au sein de la Cellule des Normes du Ministère des Transports au Cameroun.

 

Tu es adjointe qualité et responsable « EFB ». Peux-tu nous expliquer ton rôle de bénévole ?

Mon rôle de bénévole consiste, pour ce qui est de la surveillance de la conformité, à apporter mon appui au responsable de la surveillance de la conformité dans sa gestion quotidienne et à le suppléer en cas d’indisponibilité. Notamment en participant à la rédaction ou aux amendements des textes de conformité opération et maintenance, en l’élaboration des programmes de formation et, au suivi et proposition d’actions correctives suite aux audits.

Ma première mission pour Aviation Sans Frontières a d’ailleurs été la préparation et la conduite de l’audit des opérateurs par l’Aviation Safety Unit (ASU). L’accomplissement de cette mission n’a été possible que grâce à l’implication de tous les experts des Missions Avions, chacun dans son domaine.

Dans le souci d’optimisation du travail des équipages et de modernisation des procédures d’exploitation, le Chef Pilote a bien voulu me confier la gestion du projet de mise en place du système EFB au sein d’Aviation Sans Frontières, projet en gestation depuis 2013.

L’EFB, l’Electronic Flight Bag ou Sacoche Electronique de bord, est un système d’information électronique constitué d’équipement et d’applications destinés à l’équipage.

En tant qu’Administrateur EFB, je suis désignée par le Cadre Responsable. À cet effet, je réponds de la conformité du système auprès de la Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile (DSAC) et j’assure la supervision de toute la chaîne de l’administration et des mises à jour.

 

Quels sont les défis auxquels tu dois faire face dans tes missions ?

De manière générale, faire fonctionner une exploitation aérienne présente de nombreux défis pour les personnes impliquées.

Pour la surveillance de la conformité, parvenir à ne pas laisser une non-conformité entraîner une défaillance du système de gestion de la sécurité pouvant conduire à l’irréparable est primordial. Je trouve d’ailleurs que l’expression anglaise « compliance monitoring » exprime très bien ce à quoi il faut faire face au quotidien.

Le défi majeur pour moi dans l’administration du système EFB sera la gestion des mises à jour  à distance des équipements de l’équipage se trouvant dans un environnement où l’accès à une connexion internet permanente n’est toujours pas évident. Le sachant déjà avant le lancement, nous trouverons les voies et moyens pour relever ce défi.

 

Une autre chose que tu aimerais partager ?

Dès les premiers jours de mon engament, j’ai été (et je le suis encore) impressionnée par l’engagement et la détermination des équipes de toutes les missions d’Aviation Sans Frontières.

Partager avec l’équipe des Missions Avions, les réussites et les aléas d’exploitation est devenu mon quotidien. La dernière angoisse qui s’est transformée en belle victoire a été l’obtention du contrat de Dungu sur 24 mois en septembre dernier.  

Je saisis cette tribune pour dire merci à Aviation Sans Frontières et aux Missions Avions de m’avoir permis de contribuer dans cette noble mission au service de l’humain !

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