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Portrait de Prosper, adjoint au responsable maintenance

Publié le 16/03/2018
Portraits, Missions Avions
Portrait de Prosper, adjoint au responsable maintenance

L’obtention du certificat de transporteur aérien européen a marqué un tournant dans l’histoire d’Aviation Sans Frontières. Prosper Benakouangolo travaille depuis 2008 au service maintenance et s’assure que nos avions opèrent dans les conditions imposées par les autorités de contrôle. Portrait...

 

Quel est ton parcours avant Aviation Sans Frontières ?

En 1987, je suis arrivé en France pour suivre une formation de pilote professionnel de transport d’abord dans le civil à l’Institut Aéronautique Amaury de la Grange dans le Nord, puis pilote de transport militaire à Avord du côté de Bourges dans le Centre.

Revenu en Centrafrique début 1990, j’ai entamé une carrière militaire de pilote d’avion sur diverses machines, pour diverses missions, opérationnelles ou non… J’ai quitté l’armée en 2007 avec plein de souvenirs après 20 années de service….

 

Comment es-tu arrivé dans ce milieu de l’aérien ?

Je suis né et ai grandi à Berberati, une ville de l’Ouest de Centrafrique. Cette ville possède un aérodrome avec une piste  bitumée qui accueille beaucoup de vols domestiques. Mais l’aérodrome abrite également une station radio de guidage des avions en vol.

Sa position en fait donc le carrefour des routes aériennes internationales dans les sens Nord Sud et Est Ouest. Pour la petite histoire, le vol AF888 qui relie CDG à FIH (NDLR aéroport international de Ndjili à Kinshasa) passe par Berberati et chaque fois que je suis sur ce vol, j’appelle une fois atterri  les membres de ma famille à Berberati, pour les informer que je suis passé au-dessus de leurs têtes à telle heure.

Donc étant petit, nous avions un champ qui était situé dans l’axe de la piste et à chaque fois qu’un avion décollait ou atterrissait, tellement effrayé par le bruit des moteurs (surtout le DC3) je courais m’abriter sous les pagnes de maman.

Notre voisin du quartier avait un cousin pilote dans l’Armée de l'Air et celui-ci passait souvent à Berberati. Malgré une cicatrice assez prononcée sur la mâchoire gauche et consécutive à un accident d’avion, tous les enfants du quartier, y compris moi, voyaient en lui leur « Super Héros ».

En classe de sixième j’ai eu la chance d’avoir une visite guidée de l’Aéroport de Berberati avec les explications bien détaillées du Commandant de l’Aérodrome (en même temps contrôleur à la Tour de Contrôle).

À l’Université, j’ai passé et réussi le concours des Officiers de l’Armée de l’Air, puis après des tests psychotechniques et examens médicaux, me voilà un beau matin de janvier 1987 à Paris avec 6°C après avoir quitté Bangui la veille au soir avec 32 °C… Juste en transit et en route pour Hazebrouck où la température est tombée quelques jours plus tard à -12 °C…

 

Comment as-tu connu Aviation Sans Frontières ?

À Bangui, j’étais également membre de l’aéro-club qui est mitoyen du Hangar Minair (Compagnie Locale) où était entretenu et parqué à l’époque le Caravan d’Aviation Sans Frontières.

Le monde de l’Aviation étant trop petit, j’y ai croisé les équipes d’Aviation Sans Frontières (pilotes et mécaniciens). Nous avions également des amis communs. L’ami de mon ami étant mon ami, c’est là aussi qu’on voit que l’Aviation n’a pas de frontières.

 

Et à quel moment as-tu rejoint l’association ?

En février 2008, installé en France, notre ami commun me suggère de contacter Aviation Sans Frontières. Une candidature pour « un coup de main » et un matin de mai 2008, je suis invité par le Chef des Missions Avions à visiter le Siège à Orly. La Mécanique a besoin d’un Coordinateur. Je vais essayer d’assurer le poste. J’y suis depuis ce jour-là malgré une interruption entre janvier et juin 2009. Le poste et les responsabilités ont évolué au fil du temps puisque Aviation Sans Frontières a obtenu son Certificat de Transporteur Aérien en 2012 après une phase transitoire sous la bannière d’un Compagnie qui nous a hébergés entre 2009 et 2012.

 

Aujourd’hui adjoint au responsable mécanique, peux-tu nous expliquer ce poste et les enjeux que cela représente pour les Missions Avions ?

Le Terme « Maintenance » serait aujourd’hui plus approprié étant donné qu’Aviation Sans Frontières est une compagnie aérienne.

En tant qu’Adjoint au Responsable Maintenance, ma mission principale au sein du service est d’assurer la Gestion et le Suivi de la Navigabilité des avions dans le respect des exigences règlementaires, sous la Responsabilité du Responsable de la Maintenance.

Cela passe par un contact permanent avec le Bureau Pilote, les Bases d’Opérations, les sous-traitants Entretien et Navigabilité pour que l’entretien soit fait au moment opportun et que les avions demeurent en navigables.

Mais également une présence active lors des Audits des différentes Autorités (OSAC, ASU, Autorités de l’Aviation Civile des pays d’exploitation) sur les questions de Maintenance (Entretien et Navigabilité).

L’enjeu principal est de contribuer au maintien du Certificat de Transporteur Aérien d’Aviation Sans Frontières pour que les avions puissent poursuivre leurs missions sur les théâtres d’opérations où ils sont engagés.

 

As-tu des souvenirs marquants ?

« N’étant pas au front », mais plutôt sur les lignes arrières, les souvenirs marquants du terrain sont plutôt rares.

Toutefois, j’ai eu la chance de faire partie de l’équipe qui a convoyé un de nos avions de Paris à  Kinshasa en Juillet 2014. L’arrivée à Mbandaka a été très émouvante car la population locale était en liesse eu égard aux services qu’allait lui rendre cet avion qui arrivait en renfort de celui qui était déjà sur place et qui avait largement contribué à améliorer leur existence. Arrivée opportune ? Toujours est-il que :

  • Depuis sa base de Mbandaka, cet avion a assuré le transport du personnel humanitaire et médical ainsi que du matériel nécessaire aux soins dans la lutte contre l’épidémie Ebola dans la Région de Boende.
  • À la demande du HCR, cet avion a également assuré plusieurs liaisons vers Gemena, Zongo, Gbadolite pour apporter un soutien aux ressortissants de la République Centrafricaine, réfugiés dans la province de l’Equateur au Nord de la RDC.

 

A posteriori, ayant modestement contribué à la mise en ligne de cet avion, cela m’a fait chaud au cœur.

Par ailleurs, la participation d’un des avions à lutte contre l’épidémie Ebola en Guinée en 2015 et ses missions en Centrafrique aujourd’hui, me donnent également une autre vision de ma mission au-delà de l’aspect financier.

Sinon au quotidien, c’est la satisfaction de savoir que les avions « se portent bien », ce qui leur assure une disponibilité pour assurer leurs missions.

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