Marine Mabilat remet les clés d’Aviation Sans Frontières Sud-Est au nouveau responsable de la délégation, Pierre Cognat

Publié le 10/09/2018
Portraits, Délégation Sud-Est
Marine Mabilat remet les clés d’Aviation Sans Frontières Sud-Est au nouveau responsable de la délégation, Pierre Cognat

Lorsque j’étais adolescent, j'ai vite aimé "la terre vue du ciel" et j’ai obtenu mon brevet de pilote VFR (Visual Flight) à 17 ans et demi, juste avant le permis de conduire. Le week-end, j'étais secouriste volontaire sur les routes ou auxiliaire sanitaire le dimanche à l'hôpital, car dans les années 70, c'était encore possible. Entre études de psychomotricité et de commerce, je me suis très vite rendu à l'évidence que le don de soi ne pouvait être, pour moi, un métier. Mais j'avais toutefois envie de suivre une autre démarche altruiste que j’ai trouvée, plus tard, dans le bénévolat.

Bercé par le Textile dès l'enfance, j'ai donc suivi cette carrière en prenant la direction d’une équipe composée d’agents administratifs, commerciaux et de représentants sur la zone Europe. J'ai aimé voyager, aller à la rencontre de cultures différentes, revenir toujours, et vivre ailleurs. Petite anecdote sur le textile : "Soie naturelle et rayonne*" était la devise de l'usine de tissage de ma famille qui m’a toujours suivi. (NDLR : Sois naturel et rayonne / *Rayonne: fibre textile demi-synthétique depuis 1892 ou viscose aujourd’hui.) J’avais donc trouvé ma voie.

Attentif à la précarité de l'emploi, j'ai également été co-fondateur d'une association intermédiaire "Sésame : passeport pour l'emploi". Ça a très bien marché car, en amont, tous les acteurs majeurs de la vie économique, associations et club services y étaient représentés. Je ne le souligne que parce que je crois au travail en équipe, à la richesse des différences, et aux compétences que le bénévolat permet de partager.

Ma compagne étant PNC chez Air France, j'ai aussi beaucoup aimé la vie d'équipage et les escales long courrier. Très vite, les fameux GP que je me voyais offerts, sont devenus à mes yeux nécessaires à une action caritative. C'est par mon épouse et ses amis navigants que j'ai connu Aviation Sans Frontières en 2013. J’ai donc téléphoné à la responsable des Accompagnements d’Enfants Malades, Danielle Dubreucque. Mon premier accompagnement m’a très vite été proposé et forcément l’adhésion à la délégation Sud-Est et à toutes ses autres activités s’est faite également rapidement.

Aujourd'hui pour Aviation Sans Frontières, j’en deviens l’administrateur, largement conseillé depuis 6 mois par Martine Mabilat que je remercie chaleureusement pour son expérience et ses précieux conseils. Rassuré par une belle équipe de 53 bénévoles merveilleusement engagés dans nos actions et manifestations, qui sont nombreuses, et franchement impossibles sans eux. En prendre la responsabilité au moment où les cheveux blanchissent est un booster à la fois lourd de responsabilité et une magnifique expérience de vie. Il faut continuer tout ce qui a déjà été entrepris. Commencer de nouveaux chantiers, de nouveaux partenariats, chercher d’autres financements, lancer notre Antenne de Vinon pour des Ailes du Sourire dans les départements des Alpes-de-Haute-Provence et du Var. Organiser aussi des diners-débat pour consolider notre trésorerie et parfaire une nouvelle communication de nos œuvres. Enfin assurer du 21 novembre au 31 décembre notre contrat aux "paquets cadeaux" pour le Noël 2018 des allées de Provence d'Aix. Un vrai challenge ! Et nos adhérents le savent, c’est une opération primordiale qui est notre principale source de financement. Alors pour prendre cet engagement, fort de mes réussites et de mes expériences passées, je reprends une phrase de Simone Veil qui m'anime : "Les erreurs ne se regrettent pas, elles s'assument. La peur ne se fuit pas, elle se surmonte..."

J’aimerais partager une anecdote liée aux convoyages. Ils sont pour moi toujours une extraordinaire expérience de rencontre entre des familles d'accueil magnifiquement engagées, des enfants fragiles au départ et très toniques, c'est tant mieux, au retour... Des parents qui méritent toute l'attention et le réconfort que leur apportent "les gilets bleus" dans l’arrachement total au départ et dans la joie débordante à l'arrivée.

 

 

Voilà l'histoire :

Un voyage à Alger, un adolescent brûlé atrocement et très atteint au visage. Je demande au chef d'escale d'avoir avant le vol, un petit endroit discret pour attendre l'embarquement.

Nous entrons en premier, assis en queue de l'avion à ma demande pour éviter le regard des passagers et descendre en dernier pour les mêmes raisons : éviter à ce jeune homme également en souffrance psychique d'être sans cesse dévisagé. Arrivée à "Marseille Provence" mission accomplie ou presque... le hall était quasiment vide, mais c'était sans compter sur le contrôle de la police des frontières, sur un agent des douanes me disant avec l'accent de Marius ou Escartefigue : « Peuchere, il a dû avoir un sacré accident celui-là ! ». J’avais passé plusieurs heures à le protéger des regards ou des remarques maladroites. Il aura fallu deux secondes pour gâcher cette bienveillance. Mais par bonheur mon adolescent parlait mal le Français et ne fût atteint. Ce que j’en ai retenu : ne jamais lâcher prise.

 

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« C'est la personne humaine, libre et créatrice qui façonne le beau et le sublime, alors que les masses restent entrainées dans une ronde infernale d'imbécilité et d'abrutissement » Albert Einstein

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